Tuberculose : une infection en recrudescence
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Tuberculose : une infection en recrudescence

Les cas de tuberculose sont en augmentation dans le monde. Malgré l’existence d’un vaccin et de traitements très efficaces, la maladie continue de faire des victimes et compte parmi les dix premières causes de mortalité, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une maladie très contagieuse

La tuberculose est une maladie infectieuse potentiellement mortelle, due à une bactérie dénommée « bacille de Koch ». Elle infecte dans plus de 70 % des cas les poumons mais peut aussi toucher le rein, le cerveau, les os, voire un ganglion. Seule la tuberculose pulmonaire est contagieuse. Elle se transmet par voie aérienne, essentiellement par les postillons expectorés lors de toux, de crachats ou d’éternuements. Il suffit d’en inhaler seulement quelques germes pour être infecté. La maladie évolue alors en plusieurs étapes. Après un contact avec le bacille, 5-10 % des personnes développent une primo-infection. Dans 90 % des cas, la bactérie reste au repos dans l’organisme : c’est l’infection tuberculose latente. La personne ne présente aucun symptôme et n’est pas contagieuse. Mais dans 5 à 10 % des cas, après quelques années, la bactérie se développe. On parle alors de « tuberculose active ». Les symptômes (toux, fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids, etc.) peuvent rester longtemps modérés, incitant le malade à repousser le moment de consulter, ce qui se traduit par la transmission de la bactérie à d’autres personnes.

10 millions de nouveaux cas chaque année

Le nombre de cas de tuberculose est extrêmement faible en France. Il est toutefois en augmentation en Île-de-France, avec une hausse de plus de 8 % du nombre de cas signalés entre 2015 et 2017 (source Santé publique France). Mais il reste très élevé dans le monde. En 2016, 10 millions de personnes ont contracté cette maladie et 1,6 million de personnes en sont mortes, essentiellement dans les pays en développement, dont l’Inde, indique encore l’OMS. Les personnes immunodéprimées ont plus de risques de développer une tuberculose active une fois infectées, en particulier les malades du sida. Le virus VIH et le bacille de Koch forment en effet une association dangereuse, chacun de ces deux agents infectieux aidant la progression de l’autre. L’OMS appelle de ses vœux un meilleur contrôle de cette infection. D’autant que presque 600 000 cas de tuberculose sont qualifiés de « multi- » ou « ultra-résistants » aux traitements antibiotiques classiques.

Respecter une stricte observance du traitement

Une association d’antibiotiques est utilisée pour traiter les tuberculeux, mais le traitement doit être suivi au minimum six mois, et jusqu’à deux ans. La grande majorité des cas de tuberculose peut être guérie à condition que les médicaments soient fournis et pris correctement. Un traitement incomplet ou mal suivi est responsable de l’apparition de tuberculoses résistantes aux antibiotiques qui sont ensuite transmises dans la communauté. Quant au vaccin – le BCG (Bacille Calmette et Guérin) –, bien qu’il soit très efficace pour prévenir les formes graves de la maladie chez les jeunes enfants, il ne protège les adultes que dans un cas sur deux et ne permet pas d’empêcher la transmission de la maladie ni d’enrayer l’épidémie mondiale. La recherche de nouveaux vaccins contre la tuberculose est donc très active, et prometteuse. Plusieurs essais cliniques de phases I et II sont en cours en Europe, aux États-Unis et en Afrique du Sud.

La vaccination, seul moyen de prévention

La vaccination par le BCG est le seul moyen de se protéger contre la tuberculose. Elle limite le risque de développer l’infection et prévient les formes graves de la tuberculose chez les jeunes enfants (BCG n’assure pas la protection de l’adulte). Son efficacité varie de 75 à 85 %. Depuis 2007, elle n’est plus exigée lors de l’entrée en collectivité des enfants, à l’exception de la Guyane et Mayotte. Elle est toutefois recommandée à partir de l’âge de 1 mois pour les enfants qui présentent un risque élevé de tuberculose : antécédent familial de tuberculose chez un parent, un frère, une sœur… ; enfant résidant en Île-de-France ; enfant né ou devant séjourner dans un pays de forte endémie tuberculeuse ; enfant dont au moins un des parents est originaire d’un de ces pays.

28 juin 2019

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