Dépression « Le rôle de l’entourage est important »
Regards d'experts

Dépression « Le rôle de l’entourage est important »

Le docteur Dominique Barbier, psychanalyste et psychothérapeute, auteur de La Dépression (Odile Jacob), revient sur l’importance du lien social dans la lutte contre la dépression.

Comment différencier déprime et dépression ?

La déprime est passagère. Il n’y a pas un « enracinement » du mal-être chez la personne atteinte. Et rien de plus normal que d’être parfois déprimé ! Il est légitime de ressentir de la tristesse, voire de l’abattement, quand on fait face à différentes épreuves de la vie : maladie, perte d’emploi, disparition d’un être cher, ou même lorsque l’on a préparé un examen consciencieusement et qu’on le rate ! Méfions-nous de la « tyrannie du bonheur », que l’on voit fleurir en matière de développement personnel ou au sein du monde du travail.

Que penser des traitements non médicamenteux ?

L’hypnose donne de bons résultats. La psychanalyse peut se révéler utile pour aller chercher les causes profondes, les racines de la dépression. L’activité physique me semble indispensable ! Elle accroît la sécrétion d’endorphines, antidépresseurs naturels. Et puis une marche de deux heures, en groupe, c’est aussi un lien social. D’ailleurs, l’entourage du dépressif a un rôle clé à jouer, en l’entraînant dans ses activités, en l’aidant à « faire », à se sentir vivant, plutôt qu’en le stigmatisant. La dépression n’est pas un déficit de la volonté mais la perte de l’« élan vital », pour reprendre l’expression du philosophe Henri Bergson.

Pourquoi, selon vous, la dépression gagne-t-elle du terrain ?

C’est la première cause de morbidité et d’incapacité dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 300 millions de personnes en étaient atteintes en 2015, soit une augmentation de plus de 18 % en dix ans. Notre mode de vie et notre société de consommation fabriquent des dépressifs : pression au travail, accroissement de la violence, délitement du lien social, perte de repères, anxiété face à l’avenir. Nous allons devoir changer en profondeur pour « redresser la barre », donner du sens à ce que l’on fait, privilégier une économie du soin à l’autre, de la connaissance, de l’éducation, de la culture et du respect de l’environnement, et non le PIB ou le PNB ! Mais la valeur humaine ajoutée !

Pour aller plus loin retrouvez un article à la une sur le thème de la dépression.

13 novembre 2018

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