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Altération du goût, obésité et dénutrition : comment la recherche sur le goût révolutionne la santé nutritionnelle

Découvrez les travaux de l'équipe du Pr Naim Khan à Dijon qui, grâce au soutien financier de l'ADPS, explore la perception des saveurs, le « goût du gras » et l'altération du goût chez les personnes âgées pour lutter contre l'obésité et la dénutrition.
Visionnez la vidéo pour découvrir les explications du Pr Naim Khan et observer l’interaction des saveurs en temps réel au laboratoire.

La découverte du « 6ᵉ goût » et la lutte contre l’obésité

Dirigée par le Pr Naim Khan (professeur de physiologie à la Faculté des sciences de Dijon et chercheur au sein de l’unité Inserm UMR 1231 « Physiologie de la Nutrition et Toxicologie »), l’équipe dijonnaise étudie les mécanismes orosensoriels et métaboliques liés aux troubles du comportement alimentaire.

Pionnière dans son domaine, l’équipe a mis en évidence l’existence d’une sixième saveur : le goût du gras. Les chercheurs ont démontré que l’attirance marquée pour les corps gras chez les personnes en situation d’obésité découle d’une modification de l’expression des récepteurs situés sur leurs papilles gustatives.

Pour y remédier, l’équipe a mis au point une stratégie prometteuse : les « leurres lipidiques ». Ces molécules appliquées sur les bourgeons du goût stimulent la perception du gras sans en apporter les calories, ce qui incite l’intestin à libérer des peptides anorexigènes (coupe-faim) pour aider à diminuer le poids corporel.

Prévenir le fléau sous-estimé de la dénutrition chez les personnes âgées

Au-delà de l’obésité, l’équipe s’attaque à un autre enjeu majeur de santé publique : la dénutrition des personnes âgées. Avec le vieillissement de la population, la perte d’appétit touche de nombreux seniors en raison de plusieurs facteurs interconnectés.

  • Un déclin physiologique : Une diminution du nombre de papilles gustatives et de récepteurs des saveurs, combinée à une libération d’hormones anorexigènes liée à l’âge.
  • Des facteurs aggravants : La prise de médicaments, l’apparition de pathologies neurodégénératives et l’isolement social ralentissent la régénération des bourgeons du goût et réduisent la prise alimentaire.

Une étude complète soutenue par l’ADPS pour des solutions naturelles

Grâce au financement accordé à ce projet, les chercheurs analysent en détail les mécanismes de l’altération du goût chez les seniors en explorant :

  1. Le comportement alimentaire global ;
  2. La composition de la salive et les hormones intestinales ;
  3. Le rôle clé du microbiote oral dans la perception des saveurs.

L’objectif final est d’élaborer une stratégie thérapeutique innovante et durable. En s’appuyant sur des adjuvants contenant des prébiotiques, des probiotiques, des macronutriments et des molécules d’origine végétale, l’équipe souhaite proposer des solutions naturelles, sans effets secondaires, pour stimuler l’appétit, restaurer le plaisir de manger et préserver la santé des personnes âgées.