Pour faire face aux déserts médicaux, certains professionnels de santé, comme les infirmiers, les sage-femmes, les pharmaciens et les opticiens, se sont vu reconnaître, ces dernières années, de nouvelles compétences. Coup de projecteur sur des métiers de proximité en pleine évolution.
Les infirmiers au cœur du parcours de soins

Depuis cet été, la liste des actes et des prescriptions pouvant être assurés par les infirmiers a été étendue.
S’agissant des nouveaux actes qui leur sont reconnus, citons la rédaction des actes de décès, la mise en œuvre et la surveillance d’une sédation profonde et continue, ou encore des soins de support en oncologie et en psychiatrie.
Du côté des prescriptions, ils peuvent prescrire et administrer les vaccins du calendrier vaccinal, de la grippe saisonnière et de la Covid-19, mais aussi certains antalgiques et examens biologiques (numération formule sanguine, glycémie…), des pansements, des antiseptiques et des substituts nicotiniques.
En matière de santé sexuelle, ils ont la possibilité de prescrire un renouvellement de contraception orale, des préservatifs, des contraceptifs d’urgence et des tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST). Enfin, les infirmiers peuvent aussi prendre en charge la prévention, l’évaluation et le traitement des plaies chroniques et aiguës, sauf exceptions (plaie oncologique, post-chirurgicale…)
Sage-femmes : la grossesse, et plus encore

Les sage-femmes ne sont plus seulement des spécialistes de l’accouchement. Si cet acte demeure la raison d’être de leur activité, elles ont acquis au fil des années de nombreuses autres compétences, centrées autour du suivi, de la prévention et des soins des femmes, de la grossesse et du nouveau-né.
Ainsi, elles peuvent désormais assurer, sans qu’il faille passer par un médecin, le suivi gynécologique des femmes, incluant la réalisation de frottis, la prescription de contraceptifs et le dépistage des IST.
De la même manière, les sage-femmes sont autorisées, tout comme les infirmiers, à prescrire et à administrer les vaccins du calendrier vaccinal.
Si elles participent fortement à l’accompagnement postnatal, en menant notamment les consultations de suivi, elles peuvent également prendre en charge le suivi postménopause. Enfin, elles sont habilitées à réaliser des IVG médicamenteuses ou instrumentales au sein d’un établissement de santé.
Pharmaciens : des missions élargies

De nos jours, lorsqu’on se rend dans une pharmacie, ce n’est pas toujours pour acheter des médicaments. Outre son expertise médicamenteuse, le pharmacien participe en effet à la vaccination de la population, à l’instar des infirmiers et des sage-femmes.
À l’aide de tests rapides, il favorise aussi le dépistage de certaines pathologies (infections urinaires, angines…), sans qu’il soit besoin, là encore, de consulter un médecin.
Il prodigue des conseils de prévention et se fait le relais des campagnes nationales, telles que Mars Bleu (notamment en remettant le kit de dépistage du cancer colorectal) et Le Mois sans Tabac. Dans ses nouvelles attributions, le pharmacien assure également le suivi des pathologies chroniques, en lien avec le médecin traitant et dans le respect du secret médical.
Opticiens : des spécialistes de la santé visuelle au-devant des patients

Depuis un décret du 14 juin 2026, les opticiens peuvent se rendre en Ehpad pour réaliser un examen de réfraction (test qui permet d’évaluer les problèmes de mise au point) auprès de résidents et les équiper de lunettes le cas échéant. Cette compétence vient s’ajouter au droit qui leur a été accordé en 2024, d’adapter la prescription de l’ophtalmologiste ou de l’orthoptiste sous certaines conditions (réalisation d’un examen de réfraction, accord du prescripteur…).