Soutenu par l’ADPS, le dispositif “ZeSanté” donne lieu à des ateliers de prévention dans les établissements scolaires. Leur particularité ? Tous répondent aux attentes des élèves.
« Trop bien », « Tout le monde a kiffé », « C’était fun ». D’après les réactions des lycéens du lycée général et technologique Arago, à Paris, l’atelier de sensibilisation aux addictions et notammentaux conséquences de l’alcool, organisé début 2026 dans leur établissement, a su trouver les mots justes et leur faire prendre conscience des dangers inhérents à la consommation d’alcool.
Il faut dire que les organisateurs avaient tout mis en œuvre pour atteindre leur objectif, en proposant notamment aux participants de porter des lunettes de simulation pour mieux découvrir les effets de l’alcool sur leurs sens. De quoi marquer durablement les esprits…
Des acteurs de la santé scolaire mobilisés
Original sur la forme, cet événement l’était aussi dans sa mise en œuvre, puisqu’il était initié par les différents acteurs impliqués dans la vie de la santé scolaire du lycée (direction, parents d’élèves, infirmier, CPTS…), dans le cadre du dispositif de prévention “ZeSanté”, soutenu par l’ADPS et animé avec le concours de la CPTS12, de la CMP, de l’Ordre de Malte et des étudiants en médecine.
Le dispositif ZeSanté agit comme coordinateur des acteurs éducatifs, associatifs et de santé afin de construire des actions de prévention adaptées aux réalités du terrain.
Au-delà des ateliers, ZeSanté structure un véritable écosystème local de prévention en reliant établissements scolaires, professionnels de santé, associations, parents et collectivités autour d’objectifs communs et mesurables.
Cette journée de prévention se voulait aussi et surtout adaptée à son public, en s’appuyant sur les préoccupations exprimées par les lycéens lors d’un questionnaire. Les actions ont ainsi été construites à partir d’un baromètre réalisé auprès des élèves afin d’identifier leurs préoccupations prioritaires en matière de santé et de prévention.
La plateforme numérique “ZeSanté” permet de centraliser les besoins remontés par les élèves, coordonner les interventions, diffuser des ressources pédagogiques et mesurer l’évolution des perceptions avant et après les actions menées dans les établissements.
Addictions, santé mentale et gestes qui sauvent
La première d’entre elles concernait les addictions, mais elle n’était pas la seule. À cette inquiétude largement répandue parmi la jeune génération s’ajoutaient la santé mentale et la connaissance des gestes qui sauvent.
C’est pourquoi l’atelier portant sur les addictions, et plus particulièrement la consommation d’alcool, n’est pas resté isolé, et a été suivi, en avril, de deux autres événements : l’un sur la santé mentale et l’autre sur les gestes qui sauvent, conformément aux attentes des élèves.
À l’occasion du premier, ces derniers ont pu recueillir de la documentation et participer à des mises en situation, tandis que dans le second, ils ont pu assister à des démonstrations et s’essayer à la mise en pratique des principaux réflexes à avoir pour sauver des vies.
À l’issue de ces trois temps forts – sur les addictions, la santé mentale et les gestes qui sauvent –, les lycéens du lycée Arago n’en sont pas restés là. Au-delà des ateliers, les organisateurs ont observé une forte implication des élèves, devenus eux-mêmes relais de sensibilisation auprès de leurs proches.
D’une génération à l’autre
À leur tour, ils ont porté la bonne parole au sein de leur cercle familial, en suscitant débats et discussions. Un élan qui a conduit les organisateurs à inviter les parents à un amphithéâtre de prévention, mi-avril, auquel ils se sont rendus en nombre, preuve que la prévention concerne toutes les générations.
Fort de cette première expérience réussie, le programme “ZeSanté” doit se déployer dans d’autres établissements scolaires, toujours avec le concours de l’ADPS et avec le même objectif : identifier les besoins des élèves pour ensuite bâtir avec les acteurs de la santé des établissements concernés les actions de prévention les plus adaptées. Cette approche vise à développer une prévention plus participative, concrète et positive, dans laquelle les jeunes deviennent pleinement acteurs des sujets qui les concernent.
La démarche prévoit un déploiement progressif dans près de 100 établissements d’ici fin 2026, avec l’ambition de faire émerger un modèle de prévention scolaire plus participatif, coordonné et ancré dans les territoires.
« Adossé à l’association Digitasso, ZeSanté est un dispositif qui permet de coordonner des actions initiés par des acteurs issus des secteurs éducatif, associatif et de santé, et d’en mesurer l’impact sociétal. Dans le cas du lycée Arago, l’enjeu était de réduire la désertification médicale, tout en faisant de la prévention santé auprès des lycéens, par le biais d’ateliers.
Cette initiative a démontré que lorsque les jeunes deviennent acteurs de leur propre prévention, les messages circulent beaucoup plus loin que dans les salles de classe. Et que la prévention fonctionne mieux lorsqu’elle crée du dialogue, de l’expérience et de l’engagement collectif.
De prochaines actions sont prévues autour des mêmes thèmes à Villepinte, dans le XXe arrondissement de Paris et à Villiers-le-Bel. D’autres suivront. »Lynda Robillard & Philippe Marechal, Délégués ADPS Île-de-France
ZeSanté : paroles d’élèves
« Pour une fois, on ne nous parlait pas “comme à des enfants”. On pouvait poser des questions librement. »
« Les ateliers étaient concrets, on comprenait vraiment les conséquences dans la vraie vie. »
« J’ai parlé des gestes qui sauvent à mes parents en rentrant chez moi. »
« Ça change des interventions classiques. Là, on participait vraiment. »
« Le sujet de la santé mentale était important. Beaucoup de jeunes se sentent concernés mais n’osent pas toujours en parler. »
« Les lunettes de simulation ont marqué tout le monde. On se rend compte à quel point l’alcool peut faire perdre le contrôle. »
ZeSanté : paroles de l’équipe éducative et des partenaires
« Le fait de partir des besoins exprimés par les élèves a complètement changé leur implication. »
« ZeSanté a permis de coordonner des acteurs qui travaillent rarement ensemble autour d’un objectif commun de prévention. »
« Nous avons observé une vraie continuité entre les actions menées dans l’établissement et les échanges dans les familles. »
« La prévention devient plus efficace lorsqu’elle est construite avec les jeunes et non uniquement pour eux. »