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Lèpre en 2026 : pourquoi cette maladie du passé menace encore notre futur ?

À l’occasion de la 73ème Journée mondiale des malades de la lèpre (24-25 janvier), il est essentiel de faire la lumière sur cette maladie que beaucoup croient, à tort, disparue. Pourtant, elle continue de toucher des centaines de milliers de personnes chaque année. Voici un point complet pour comprendre les enjeux actuels de la lutte contre la lèpre.

Qu’est-ce que la lèpre exactement ?

La lèpre, ou maladie de Hansen, est une maladie infectieuse chronique causée par une bactérie appelée Mycobacterium leprae. Elle s’attaque principalement à la peau, aux nerfs périphériques, à la muqueuse des voies respiratoires supérieures et aux yeux.

Mode de transmission : elle se transmet par des gouttelettes buccales ou nasales lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées non traitées.Incubation : c’est une maladie lente. Les symptômes peuvent mettre entre 5 et 20 ans à apparaître après l’infection.

Combattre les idées reçues

MytheRéalité
La lèpre est très contagieuse.Faux. Elle est très peu contagieuse. 95% des humains ont une immunité naturelle contre la bactérie.
C’est une maladie du passé.Faux. On recense environ 200 000 nouveaux cas chaque année dans le monde.
On ne peut pas en guérir.Faux. La lèpre se guérit parfaitement grâce à un traitement antibiotique.

Pourquoi est-elle encore dangereuse aujourd’hui ?

Si la maladie en soi n’est plus mortelle, son danger réside dans le diagnostic tardif.

Lésions nerveuses : la bactérie détruit les nerfs, ce qui entraîne une perte de sensibilité. Le malade ne sent plus la douleur, se blesse sans s’en rendre compte, ce qui mène à des infections graves et des amputations.L’exclusion sociale : le véritable fléau de la lèpre est la stigmatisation. La peur et l’ignorance isolent les malades, les empêchant parfois de consulter à temps par honte.

Un espoir réel : la Polychimiothérapie (PCT)

Depuis les années 1980, l’OMS fournit gratuitement un traitement appelé Polychimiothérapie. Il consiste en un cocktail de trois antibiotiques. Dès la première dose, le patient n’est plus contagieux. Le traitement dure de 6 à 12 mois selon la forme de la maladie.

Comment agir lors de ces journées ?

La Journée mondiale des 23, 24 et 25 janvier 2026 est un moment fort pour les associations (comme la Fondation Raoul Follereaul’Ordre de Malte).

L’objectif est double : récolter des fonds pour la recherche et le soin, mais aussi sensibiliser pour briser le tabou.

Le combat ne s’arrêtera que lorsque le diagnostic sera systématiquement précoce, évitant ainsi les handicaps définitifs.

Les 3 priorités de la recherche en 2026 L’argent collecté lors des quêtes des 23, 24 et 25 janvier 2026 est orienté vers trois axes stratégiques.

Axe de rechercheObjectifPourquoi c’est crucial ?
Dépistage précoceCréer des tests sanguins ou cutanés rapides (type tests COVID).Actuellement, le diagnostic est uniquement visuel, ce qui est souvent trop tardif.
ChimioprophylaxieAdministrer une dose unique d’antibiotique aux proches d’un malade.Cela permet de “casser” la chaîne de transmission avant même l’apparition des symptômes.
Recherche génétiqueSéquencer les souches de la bactérie M. leprae.Pour comprendre les résistances aux antibiotiques qui commencent à apparaître.

État des lieux de la lèpre par région (données annuelles)

Région OMSPart des cas mondiaux (approx.)Pays les plus touchésDéfis principaux
Asie du Sud-Est~72%Inde, Indonésie, Népal, BangladeshForte densité de population ; transmission active chez les enfants.
Amériques~12%Brésil (plus de 90% des cas de la zone)Détection tardive dans les zones reculées de l’Amazonie.
Afrique~10%RD Congo, Éthiopie, Nigeria, TanzanieAccès difficile aux soins dans les zones de conflit ; sous-notification.
Méditerranée orientale~3%Égypte, Somalie, PakistanStigmatisation sociale encore très forte.
Pacifique occidental~2%Philippines, Viet Nam, Papouasie-Nouvelle-GuinéeDispersion géographique (îles) compliquant le suivi médical
Europe< 1%Cas importés principalementMaintenir la vigilance des médecins face à une maladie “oubliée”.

Analyse des indicateurs clés

Pour bien lire ce tableau, il faut comprendre que le nombre de cas n’est pas le seul facteur.

  • Le “poids” de l’Inde : avec plus de 100 000 nouveaux cas par an, l’Inde influence énormément les statistiques mondiales. Une baisse en Inde signifie souvent une baisse mondiale.
  • La situation du Brésil : c’est le seul pays à haute charge qui n’a pas encore atteint le seuil d’élimination de l’OMS (moins de 1 cas pour 10 000 habitants) à l’échelle nationale.
  • Les zones de “silence” : dans certains pays d’Afrique, le faible nombre de cas peut parfois cacher une absence de dépistage plutôt qu’une absence de maladie.