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“Transformer le négatif en positif” à la salle Le Vip – Saint-Nazaire. L’association utilise la musique comme vecteur de communication.

Édouard Bertrand, musicien, et Matthieu Miegeville, fondateur de “Transformer le négatif en positif” ©Maxime Delporte

Aider à libérer la parole

L’ADPS soutient “Transformer le négatif en positif”, une association qui travaille sur la prévention du mal-être et du suicide chez les jeunes. Entretien avec Matthieu Miegeville, musicien à l’origine de ce projet.

Les jeunes sont-ils plus en souffrance aujourd’hui que par le passé ?

Oui. Les raisons de leur mal-être sont nombreuses : harcèlement sur les réseaux sociaux, éco-anxiété, diktats de l’image, confinement lors de la crise sanitaire, guerre aux portes de l’Europe, inquiétudes quant à l’avenir… La jeunesse n’est plus la période d’insouciance qu’elle devrait être.

Comment est né votre projet ?

Nous l’avons initié en 2011 avec notre groupe MOPA. Beaucoup de gens nous ont fait des retours positifs sur cette écriture musicale, à la fois à fleur de peau, écorchée, et libératrice. Nous essayons de transformer les blessures en inspirations artistiques.

De là, nous avons voulu pousser la démarche plus loin, dans la transmission de cette idée, dans la vie en général. Faire de nos échecs de possibles moteurs de notre existence. Et l’adolescence nous semblait l’âge le plus adéquat pour cette action socioculturelle.

Quelle est votre approche ?

Nous intervenons auprès des jeunes en coordination avec le personnel de santé des collèges et des lycées… Notre intervention dure deux heures : nous mêlons des histoires inspirantes, des échanges avec le public, et six chansons qui sont des illustrations émotionnelles de chaque thématique abordée. Nous avons souhaité asseoir notre action sur de réelles connaissances, c’est pourquoi j’ai suivi de multiples formations depuis 2014 sur le thème de la prévention de la crise suicidaire ou des sujets connexes, notamment celle dispensée par Jean-Philippe Raynaud, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Nous sommes également soutenus par l’Agence Régionale de Santé Occitanie.

Comment réagissent les jeunes que vous rencontrez ?

Très positivement. Ils remplissent un questionnaire de manière anonyme à la suite de notre intervention et peuvent ainsi s’exprimer sans crainte. Les commentaires qui reviennent le plus souvent sont : « Merci à vous, on se sent compris et aidés », « On a pris conscience de plein de choses » ou « Ça nous redonne de l’espoir ». Nous contribuons à libérer la parole. C’est le préalable à toute démarche de mieux-être. En outre, cette base de données de près de 4 000 réponses permet aux spécialistes de mieux comprendre le mal-être de ces jeunes, d’en extraire des résultats statistiques, d’en tirer des analyses.

Comment l’ADPS vous accompagne-t-elle ?

L’ADPS a commencé à nous apporter son soutien au niveau local en 2017. Depuis 2022, nous travaillons ensemble à étendre ce projet au niveau national, partout en France.

Témoignage

« J’ai eu la chance de pouvoir assister en mai dernier à deux interventions “Transformer le positif en négatif”. L’une concernait une classe de 4e de Niederbronn, une commune de 4 500 habitants, et l’autre une classe de 6e au cœur de Strasbourg. Dans les deux cas, avec des publics et des problématiques différentes, Matthieu a su remarquablement adapter son discours. Il réussit à être à la fois léger et profond. Il crée très vite le contact avec les enfants. Le biais artistique est un excellent moyen, très inspirant, d’aborder le thème de leur mal-être avec ces jeunes. Une infirmière scolaire m’a confié, après l’intervention, qu’elle se sentait mieux armée pour parler avec eux de ces sujets difficiles. »

Chiffres-de la santé mentale des jeunes en France

• 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression.
Source Santé publique France, 2024

• Plus de 50 % des élèves de collèges et lycées présentent des plaintes psychologiques ou somatiques hebdomadaires comme des difficultés à s’endormir, la nervosité, l’irritabilité ou le mal de dos.
Source Santé publique France, 2024

• Près de 936 000 jeunes ont bénéficié d’un remboursement de psychotrope en 2023, soit +18 % par rapport à 2019.
Source rapport de l’assurance maladie, juillet 2024

• Les jeunes âgés entre 15 et 25 ans déclarent avoir une relation nocive, voire toxique, avec leur téléphone portable : 38 % se déclarent addicts et 34 % décrivent leur relation comme négative.

Mal-être des jeunes : quand les mots et la musique apaisent

Portée par un musicien professionnel, Matthieu Miégeville, l’association “Transformer le négatif en positif“ vise à prévenir le mal-être et le suicide chez les jeunes. Elle est soutenue par l’ADPS depuis plus de dix ans !